#ChallengeAZ, #Baty

CONCESSION A PERPET’ ou la chasse au trèsor macabre au fin fond de la Marne
1️⃣ LE BILAN PSYCHIATRIQUE
- Date : Une journée de pèlerinage pluvieuse, bottes pleines de boue et parapluie retourné par le vent.
- Heure :16h45. La nuit tombe sur les tombes, l’ambiance est délicieusement mortelle.
- État psychologique : Archéologue de l’absurde. Je suis prête à entraîner ma maman dans des recherches les plus folles pour retrouver un bout de marbre disparu.
2️⃣ LE SYMPTÔME / LE CONSTAT
Je développe une obsession malsaine pour le mobilier funéraire et les contrats de location éternelle. Je considère qu’une concession à perpétuité perdue est une insulte personnelle et un défi direct lancé par mes ancêtres les plus planqués.
3️⃣ L’ANALYSE DU CAS (L’histoire généalogique)
J’ai toujours imaginé une sépulture de famille bien rangée, un beau caveau bien visible au fin fond d’un cimetière perdu de la Marne. Résultat des courses : après avoir arpenté des allées boueuses bordées de vieux arbres sinistres, le constat est implacable. La fameuse concession « à perpétuité » a manifestement décidé de ne pas respecter son contrat et de s’évaporer sous la mousse. À ce rythme-là, l’éternité municipale, ça ne dure visiblement que jusqu’à ce que le maire décide de raser le carré pour y planter des tulipes !
Entre les croix rongées par le lierre et les épitaphes effacées par un siècle de pluie champenoise, je cherche désespérément mes aïeux.
Mais soudain, le voilà : le vieux cimetière perché de Braux-Saint-Cohière, posé là, au milieu de nulle part. Un portail rouillé qui grince comme dans un mauvais film d’horreur, des tombes d’outre-tombe qui semblent nous saluer au passage, et nous voilà en train de serpenter dans le dédale à la recherche du nom sacré : BATY.
Et là, miracle ! Une première sépulture jaillit du décor : Appolinaire BATY, né le 25 février 1822 à Sainte-Ménéhould (51) et décédé le 20 septembre 1903. Dans notre arbre et sur les actes officiels, il est connu sous le prénom de Joseph Appolinaire mais on sait tous pertinemment que nos ancêtres adoraient semer le trouble dans leur état civil au quotidien, juste pour nous rendre chèvres plus d’un siècle plus tard !
La sépulture voisine porte aussi le patronyme BATY mais le nom principal inscrit ne me dit rien sur le moment. En fermant les yeux pour entrer en harmonie avec la pierre (façon médium, mais avec un calepin), mes doigt sdéchiffrent au toucher des reliefs effacés, des lettres usées et des chiffres oubliés. Bilan de la séance de spéléologie digitale : « Ici reposent … Isabelle BATY née MEURIER » ainsi que « Louise … BATY ». C’est forcément quelqu’un de la tribu ! Je photographie la pierre sous tous les angles avec tout le respect, la dévotion et le recueillement nécessaires au repos éternel de ces ancêtres venus nous faire un signe.
De retour devant mon écran d’ordinateur, bascule immédiate en police scientifique : je zooma, je pixellise, j’ajuste les contrastes, je colorise les ombres et je fais appel aux sites spécialisés que nous connaissons tous afin de confirmer mes trouvailles et de les relier aux archives de la Marne. Bilan de l’enquête :
- Joseph Appolinaire BATY a épousé le 22 octobre 1844, à Braux-Sainte-Cohière, Louise Isabelle MEURIER, née le 30 mars 1824 et décédée le 12 Janvier 1890, toujours dans ce village marnais.
- La seconde personne présente sur cette pierre tombale n’est autre que Louise Virginie BATY, leur fille, née le 16 juillet 1848 et décédée le 16 aout 1898, sans profession et célibataire selon mes dernières informations.
La sensibilité tactile de mes doigts de médium improvisé est en parfaite osmose avec mes découvertes numériques ! L’éternité a peut-être pris un méchant coup de vieux, mais la famille, elle, est enfin reconstituée. Ne reste plus qu’à traquer les frères et sœurs qui manquent à l’appel !
Pour situer ce couple de collatéraux dans notre arbre, il suffit de remonter à notre arrière-arrière-grand père Marie Lucien Albert BATY qui était le neveu de Joseph Appolonaire.
4️⃣LA NOTE DU PSY’ CAT SYDNEY ( ou les conseils de survie)
Mon humaine part des week-ends pour errer dans les cimetières de Champagne à la recherche d’une dalle introuvable, persuadée que les morts jouent à cache-cache avec elle. De plus, elle prend un malin plaisir à caliner les pierres.
Mon conseil : L’exfiltrer de la Marne, lui nettoyer les mains à la bétadine et la confiner d’urgence dans un endroit sans pierres tombales, de préférence à mes cotés au chaud et lui ordonner de reporter ses câlins aux vivants pour éviter l’internement direct





Bel article, le sujet n’est pas gai mais la façon de raconter nous donne le sourire. Bravo !
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