#RDVAncestral – Génération 6 , Collatéral Sosa 58, Lignée BATY
Allez !! Je sors de mon hibernation et je me remets au travail, mes ancêtres ont assez patienté sous l’oreiller de ma fainéantise !
J’ouvre mon logiciel et je regarde dans le vide. Qui choisir pour continuer à chercher ? Ils sont aujourd’hui 2672 à attendre que je vienne parler d’eux et avec eux.
Tout à coup, ce n’est plus mon clavier que j’ai devant les yeux, mais une tasse en acier fumante d’un breuvage éclairci. Je lève les yeux : je suis dans une pièce unique où fume sur le poêle à bois une marmite, elle dégage une bonne odeur de légumes. Tranquillement au coin , une femme s active sur sa couture sans même lever un œil sur ma présence comme si tout paraissait normal.
La porte principale s’ouvre et un homme rentre visiblement frigorifié, me regarde et s’assoit sur le banc à mes côtés.
« Ça y est, tu reviens nous voir. Je savais que tu allais revenir ! » Avant même qu’il ait eu le temps de demander quelque chose, une tasse chaude apparaît devant ses mains.
Anselme Gustave MARCHAL et Victoire CHAUDEL, son épouse, sont mes hôtes. Je les ai déjà rencontrés lors de la naturalisation d’Anselme en 1890.
« Alors, tu corriges tes fautes ? J’ai appris que tu notais toute notre vie dans un cube pour mieux nous connaître. »
« Oui d’ailleurs, j’ai encore quelques questions sur vos frères car il me semble avoir fait des erreurs ? Dans votre dossier de naturalisation, il y était note Alexandre Marchal en tant que typographe. Mais je ne le retrouve pas. »
« Forcément, Alexandre n’est pas son prénom ou du moins pas l’officiel. Il s’appelle en réalité Auguste Alexandre, mais il s’est toujours fait appeler Alexandre. J’ai gardé quelques contacts avec lui, je suis même allé à son mariage en 1888 avec une jeune fille de la région. »
« Effectivement, mais c’est un détail qui a bien son importance : J’ai enfin retrouvé son acte de naissance et de mariage avec la jeune Mélina SIMON. Et j’ai corrigé une erreur : vous n’avez pas la même mère !! »
« Encore une erreur !! »
Il éclate de rire.
« Oui enfin une erreur bien légitime, car votre dossier était bien succinct sur certains détails, comme celui ci. «
« Oui c est possible, je ne me souviens plus très bien. »
« Et sur les autres membres de la fratrie ? …. Notamment Laurent Edmond, votre frère aîné de 4 ans? »
« Pas de nouvelle, il n’est pas parti de Landange avec nous en 1876. Il est resté là-bas avec les ennemis envahisseurs. »
Il grogne, il n’est plus à la rigolade.
« Ma fille, il est temps maintenant. » Gentiment, Victoire m’invite à m’éclipser.
De retour devant mon écran, avec l’identité exacte d’Auguste Alexandre MARCHAL : Je retrouve les cotes de son dossier de naturalisation qui m’apprend que la même année, il est devenu papa, veuf et français. 1889 fut une année éprouvante.
Une escapade au coeur des terres de la Marne, m’a conduit au cimetière de Vitry-le-François où j’ai retrouvé la concession familiale à perpétuité dans laquelle repose :
- Marie-Claire ROYER, seconde épouse de Laurent MARCHAL, père des frères Anselme et Auguste;
- Auguste Alexandre et sa seconde épouse Henriette POIRIER;
- Leur fils Lucien Marcelin, déclaré Soldat mort pour la France en 1918.
Quelques précisions et vérification sont encore à faire car de nombreuses questions sont encore sans réponse.
Mais les frères MARCHAL ont distillé de nombreux détails dans les documents administratifs de l’époque pour m’aider à retracer leur vie, contrairement à leurs épouses, toujours invisibles dans le mémoire du temps.
Bravo, bon retour parmi nous
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